Pôle d'archéologie urbaine
Fouilles de Kohandiz (Herat)


Excavation-of-burial-17_2-1
HR08_KOH4_07-burial-1
Terrain---obus-1 


Les nombreux aménagements dont le centre historique de la ville d’ Hérat est l’objet constituent une lourde menace sur son potentiel archéologique. Le contexte local conduit la DAFA à mettre en place une veille archéologique permettant de suivre les terrassements et d’observer les données archéologiques qui peuvent en être tirées. Au cours d’une mission d’une semaine et en collaboration avec la Fondation Aga Khan, une dizaine de chantiers de construction ont été inspectés dans la vieille ville d’Hérat permettant de déterminer que, hormis les deux tépés anciens, la zone présentant la plus forte stratification archéologique est celle de la vieille ville comprise dans la zone limitée par les remparts. On peut d’ores et déjà estimer à 8m en moyenne l’épaisseur de la stratification archéologique, les trois mètres supérieurs étant islamiques (au plus tôt timourides).
Il a été également constaté qu’il restait très peu d’endroits où l’on puisse encore observer les fortifications et que, à la vitesse à laquelle se font les aménagements dans cette partie de la ville, il n’en restera à très court terme plus aucune trace en élévation.

Au Qala Ikhtiar-ud-Din, la découverte faite en 2007 de niveaux « achéménides » a été confirmée par la poursuite des sondages, même si la nature exacte des occupations rencontrées reste encore imprécise. L’équipe allemande a, par ailleurs, poursuivi le dégagement des états timourides de la porte Nord de la fortification.
Dans le cadre du programme franco-allemand d’étude du site ancien de Hérat une opération a été menée sur un des tépés anciens de Hérat, le Kohendez. En 2008 Julien Cuny et Quentin Borderie ont ainsi étudié la séquence stratigraphique de la partie de ce site accessible aux recherches. Un sondage de 5X5m de côté a été descendu à une profondeur de trois mètres. Dans le premier mètre sous la surface sont apparu des tessons « achéménides » associés à un matériel varié correspondant à des épandages de déchets urbains contemporains. Cette première couche purgée, le matériel qui a été recueilli en stratigraphie jusqu’au niveau des sables et graviers géologiques est exclusivement « achéménide » avec toutefois quelques perturbations dues à des puits ou des fosses à détritus islamiques. Le restes de constructions en briques crues associées à ce matériel achéménide ont été observées, sans qu’il soit encore possible d’en analyser l’organisation et la fonction, compte-tenu du caractère très réduit de ce sondage.
Avec les découvertes du Qala Ikhtiar-ud-Din. Ce sondage apporte un deuxième jalon pour connaitre les occupations pré-hellénistiques du site ancien de Hérat. La qualité et l’abondance du matériel céramique provenant des fouilles du Kohendez laisse augurer de perspectives très prometteuse pour la poursuite de cette étude.

Au demeurant la situation dans la vieille ville de Hérat s’avère de plus en plus préoccupante du point de vue de l’archéologie, les mises en chantier et constructions sont loin de décroître et avec elles des destructions irrémédiables du patrimoine archéologique qu’il aurait été pourtant facile de limiter voire même d’éviter. Plus que jamais l’urgence d’un vaste plan de sauvegarde du potentiel archéologique hérati est manifeste.

Date des précedent chantiers : 2005; 2007; 2008

Financements: DAFA, Ministère des Affaires étrangère, DAI (Allemagne)

Direction: Roland Besenval et Ute Franke-Vogt

Equipe française : Cécile Buquet, Benjamin Mutin, Julien Cuny, Quetin Borderie