Les recherches en cours


Dès 2004 avec le financement de la Commission des fouilles du Ministère des Affaires etrangères, il fut possible d'entreprendre une première campagne de fouille avec pour objectif : - d'évaluer l'important potentiel archéologique en place dans les deux secteurs de Tepe Zargaran ayant livré des données archéologiques lors des enquêtes réalisées sur place par Roland Besenval ; - d'établir la séquence chronologique d'occupation de ces différents sites ; - d'identifier la zone dont pouvaient provenir les blocs grecs et l'aménagement dans lequel ils pouvaient s'insérer. Cette première opération de terrain permi de reconnaître le bâtiment enterré comme étant un stupa datable de la fin du premier siècle de notre ère. Dans le secteur ayant livré des blocs grecs un sondage descendu à 7 mètres sous le niveau de la plaine permi de reconnaître une séquence stratigraphique livrant uniquement du matériel kouchan. Partout les traces très visibles de l'activité des pilleurs montraient à quel point le site avait été perturbé au point de faire presque complètement disparaître les niveaux correspondant à la période islamique.

En 2005, l'extension de la fouille dans le secteur de Chehel Sotoun révéla la présence d'un aménagement réalisé avec des blocs architecturaux de grandes dimensions identiques à ceux découverts lors des pillages ainsi que de pierres sculptées de moindres dimensions récupérées de bâtiments "bouddhiques". Dans les deux cas ces ensembles étaient en relation avec un ancien bras de la rivière de Bactres et ont pu correspondre à des aménagements de berge ou à des systèmes de drainage. Trois états successifs de muraille en briques crues recouvraient ces ensembles de pierre. Dans le cadre de cette même campagne un grand sondage stratigraphique sur le Bala Hissar, implanté dans des zones où Roland Besenval avait repéré des niveaux achéménides, permi d'établir la séquence stratigraphique dans laquelle s'inséraient ces occupations et de recueillir un très abondant matériel céramique. Un troisième chantier fut également ouvert sur un des tronçons de la muraille de Bactres établissant de manière indiscutable que la construction des différents états de ce secteur du rempart était antérieure à la période islamique et complétant les observations faites par Marc Le Berre.

En 2006, les diverses opérations engagées en 2005 furent poursuivies. Dans la zone de Chehel Sotoun une série de reconnaissances stratigraphiques dans la zone Est du tépé permi de préciser la topographie ancienne de ce secteur de Bactres. C'est ainsi que la pile d'un pont islamique fut repérée à une centaine de mètres à l'Est du tépé. De nombreux blocs sculptés réutilisés dans ce qui pourrait être une canalisation de drainage furent, en outre dégagés. Parmi ceux-ci : de nombreux éléments de stupa. Sur le chantier du rempart une poterne couvrant un des accès à la ville fut dégagée. En 2007 la campagne de printemps s'est surtout attachée à étudier les différents aménagements en pierre du secteur de Chehel Sotoun et à entreprendre une reconnaissance dans les zones situées à l'Ouest de celles précédemment dégagée afin de mieux comprendre l'évolution de la topographie du site. Dans le cadre de cette mission des prospections et des études paléo-topographiques ont permis de reconnaître et de commencer à étudier des sites anciens constituant l'environnement archéologique de notre zone d'étude. C'est également en 2007 que la prospection archéologique de l'arrière-pays de Bactres a commencé d'une façon fructueuse par la découverte, entre autre, du site achéménide de Cheshm Shafâ. Ce site contrôle, au sud de Balkh, à la hauteur des gorges de la rivière Balkhâb, l'ancienne route reliant Bactres, par Bamiyan, au Nord-ouest de l'Inde.